Concevoir un team building autour du storytelling : raconter et construire une histoire d’équipe
Les vertus du storytelling appliquées au team building
Le storytelling, ou l'art de raconter des histoires, est depuis plusieurs années un incontournable dans le monde de la communication. Mais son potentiel va bien plus loin : il s'impose aussi comme un outil de team building original et puissant. Mettre un groupe sur la voie de la création d'une histoire collective permet en effet de stimuler la créativité, la cohésion et de renforcer les liens par une expérience mémorable. Voici un mode d'emploi concret pour concevoir un team building autour du storytelling, adapté tant au travail en entreprise qu'à la dynamique d'un groupe d'amis ou d'une team EVJF/EVG.
Pourquoi choisir le storytelling comme trame de team building?
Opter pour le storytelling, c’est transformer le groupe en "auteurs" et "personnages" d’une aventure commune. Cette méthode présente plusieurs atouts :
- Renforcement du sentiment d'appartenance : en construisant une histoire commune, chaque membre se sent impliqué et valorisé.
- Stimulation de la créativité : chacun contribue, invente, propose, sans se sentir jugé.
- Facilite la prise de parole : même les plus réservés trouvent leur place en endossant un rôle ou une fonction narrative.
- Création d’un souvenir collectif : l’histoire créée devient un souvenir concret, une référence pour le groupe à venir.
Définir le cadre : objectifs, durée, matériel
- Objectif : Voulez-vous booster la cohésion, favoriser la créativité ou simplement proposer un moment ludique de détente?
- Durée : De 45 minutes (light) à une demi-journée (atelier approfondi), ajustez en fonction du contexte.
- Matériel : Quelques feuilles, des stylos, ou des supports numériques si besoin (tablettes, outils de mind mapping en ligne). Prévoyez éventuellement des accessoires (chapeaux, objets ludiques, images).
Structurer le dispositif storytelling : étapes pas à pas
1. Déclencher l’imaginaire : le lancement
Pour lancer le processus, commencez par une introduction inspirante : “Imaginons ensemble que vous êtes les héros d’une aventure. Quelle serait la mission du groupe? Qui sont les alliés, quels sont les obstacles?'' Donnez un thème large (voyage, enquête, découverte, fantasy…) ou adaptez-le à l’esprit du groupe : EVJF, équipe d’entreprise, bénévoles associatifs...
2. Répartition des rôles et du processus créatif
- Le “scénariste” coordonne la trame principale, propose les grandes étapes.
- Les “auteurs” inventent les évènements, les rebondissements, les personnages secondaires.
- Le “scribe” prend note de l’histoire commune au fil de l’élaboration (crucial pour garder la trace).
- Les “mise-en-scèneurs” (facultatif) préparent, à terme, une brève scénette, une bande-dessinée ou un photo-montage inspiré du récit.
Alternez les rôles selon les envies — l’essentiel, c’est la participation active de chacun.
3. Construire la trame : méthode simple et efficace
- Le contexte : où, quand, pourquoi l’action commence-t-elle?
- Le déclencheur : un événement survient (invitation mystérieuse, disparition, défi...)
- Le développement : quels obstacles ou péripéties va rencontrer l’équipe? (au moins 2 rebondissements pour garder du rythme)
- Le climax : le moment décisif où tout se joue.
- La résolution : comment le groupe atteint-il son objectif final? Quels enseignements en tire-t-il?
La structure est volontairement simple pour impulser la créativité sans la brider.
4. Outils pour enrichir le travail collectif
- Brainstorming “post-it” : chaque membre écrit une idée par post-it (lieu, personnage, obstacle, surprise, morale…). On les rassemble et on pioche pour élaborer l’histoire au fil de l’eau.
- Tirage aléatoire : distribuez des petits papiers pour forcer l’intégration de défis ou d’éléments inattendus ("Un chat espion", "Un faux coupable", "Un trésor dans un château")
- Inspirations visuelles : proposez une planche de photos/illustrations comme support d’imagination (attention à la cohérence thématique).
Mettre en scène l’histoire : de la narration à l’action
Lecture ou jeu de rôles ?
À l’issue de la phase d’écriture collective, deux options :
- Lecture scénarisée : avec alternance de narrateurs, chaque partie prenante restitue “son” passage, façon conte collectif.
- Jeu de rôles exprès : on mime, improvise, fait une mini-représentation express (adaptée au temps et au tempérament du groupe !)
- Storyboard ou BD géante : on matérialise l’aventure sous forme de bande-dessinée affichée, collage ou montage photo partagé.
Gardez un ton ludique, bienveillant et encouragez les improvisations ! L’idée n’est pas de jouer “juste”, mais de s’amuser, d’oser et de rire ensemble.
Conseils pour animer un atelier storytelling réussi
- Préparez des "fils conducteurs" pour relancer le groupe si le rythme faiblit.
- Encouragez l’écoute et l’inclusion : offrez la parole à chacune/chacun, validez chaque contribution.
- Créez un climat positif : félicitez les bonnes idées, dédramatisez les ratés ou incohérences (elles font partie du jeu !)
- Adaptez à votre public : un groupe très créatif acceptera plus facilement le chaos narratif ; un groupe réservé préférera s’appuyer sur des canevas ou des modèles.
- Prévoyez de quoi garder trace (enregistrement audio, photo ou vidéo de la restitution, archivage du texte).
Pièges classiques à éviter
- Vouloir tout contrôler : laissez la place à la surprise et à l’imprévu.
- Formuler des critiques négatives : restez dans l’encouragement, la reformulation constructive.
- Négliger la conclusion : prévoyez un temps pour "fermer" l’histoire, remercier chacune/chacun et célébrer l’aventure partagée.
- Laisser s’installer la monotonie : introduisez régulièrement des “twists” pour relancer l'attention et garder le rythme.
Exemples de variations concrètes
- Storytelling "éclaté" : chaque sous-groupe commence une histoire sur un thème donné, puis échange le texte à mi-parcours pour que les autres la poursuivent en improvisant.
- Conte inversé : commencez par la fin (“Que se serait-il passé si…?”) et remontez le fil.
- Story mapping visuel : réalisez un grand plan mural de l’aventure, où chaque nouvelle péripétie “s’accroche” littéralement sur le mur ou sur un tableau partagé en ligne.
- Escape game narratif : inventez une histoire sous forme d’énigmes à résoudre en équipe, chaque étape étant un mini-chapitre scénarisé.
Checklist : préparer et animer un team building storytelling pas à pas
- Choisissez le format adapté à votre groupe et au temps disponible.
- Préparez des supports visuels ou thématiques (images, accessoires).
- Prévoyez la structure narrative (début, rebondissements, fin).
- Distribuez les rôles et les outils (scribe, scénaristes, illustrateurs…).
- Lancez la dynamique collective (brise-glace, consignes claires).
- Animez l’atelier avec neutralité, écoute et relances positives.
- Préservez et valorisez le produit final (lecture, jeu, photo, texte partagé).
- Clôturez avec un debrief convivial, remerciements et partage des ressentis.
Vers un collectif renforcé : la magie de l’histoire partagée
Le storytelling s’impose aujourd’hui comme une stratégie de cohésion à la fois accessible, innovante et fédératrice. Il valorise les talents, libère les énergies et soude les équipes autour d’un souvenir inédit. Que ce soit pour une équipe professionnelle, un groupe d’amis, ou lors d’un événement marquant comme un EVJF, inventer ensemble une histoire conduit à expérimenter de nouveaux modes d’écoute et de collaboration. Alors, prêt(e)s à embarquer vos participants dans l’aventure collective ? Il ne reste qu’à libérer leur imagination et à écrire la première ligne…